{"id":364,"date":"2022-08-21T02:38:34","date_gmt":"2022-08-21T02:38:34","guid":{"rendered":"https:\/\/lequotidien.mr\/ar\/?p=364"},"modified":"2022-08-21T02:38:34","modified_gmt":"2022-08-21T02:38:34","slug":"en-mauritanie-la-ville-de-lor-face-au-danger-du-sida","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lequotidien.mr\/ar\/2022\/08\/21\/en-mauritanie-la-ville-de-lor-face-au-danger-du-sida\/","title":{"rendered":"En Mauritanie, la ville de l\u2019or face au danger du sida"},"content":{"rendered":"\n<p>La population de Chami a plus que quadrupl\u00e9 en huit ans\u00a0: un boom d\u00e9mographique qui va de pair avec une explosion de la prostitution et des maladies sexuellement transmissibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Chami a pouss\u00e9 comme un champignon dans le d\u00e9sert&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/mauritanie\/\">mauritanien<\/a>. Depuis 2013, la bourgade, situ\u00e9e \u00e0 240&nbsp;km au nord de Nouakchott, aimante tout ce que le pays compte d\u2019aventuriers et de prospecteurs. Gonfl\u00e9e par la ru\u00e9e vers l\u2019or, la population y a plus que quadrupl\u00e9 en huit ans, atteignant les 13&nbsp;000&nbsp;habitants. Un boom d\u00e9mographique qui est all\u00e9 de pair avec une explosion de la prostitution et des maladies sexuellement transmissibles.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sujet est tabou dans la nouvelle cit\u00e9 aurif\u00e8re, comme ailleurs dans le pays, mais les donn\u00e9es disponibles inqui\u00e8tent&nbsp;: d\u2019apr\u00e8s un rapport command\u00e9 par le Secr\u00e9tariat ex\u00e9cutif national de lutte contre le sida, la Mauritanie a enregistr\u00e9 une hausse de 22&nbsp;% de nouvelles infections au VIH entre 2019 et 2020 chez les populations les plus vuln\u00e9rables (travailleurs du sexe, communaut\u00e9 homosexuelle et population carc\u00e9rale). La pr\u00e9valence du virus chez les professionnels du sexe est estim\u00e9e \u00e0 9&nbsp;%.<\/p>\n\n\n\n<p>A Chami, les structures manquent pour sensibiliser, d\u00e9pister, soigner. La ville ne compte qu\u2019un seul centre de sant\u00e9. Alors Coalition Plus MENA, une plateforme internationale d\u2019associations de lutte contre le sida cofond\u00e9e par l\u2019organisation Aides, mise sur la soci\u00e9t\u00e9 civile. Elle s\u2019appuie notamment sur SOS Pairs Educateurs, une association qui lutte depuis 1999 pour la pr\u00e9vention et l\u2019acc\u00e8s aux soins des communaut\u00e9s les plus touch\u00e9es par le VIH.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00ab&nbsp;Au d\u00e9but, les gens nient l\u2019existence du virus&nbsp;\u00bb<\/h2>\n\n\n\n<p>La plupart de ses membres ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment form\u00e9s aux autotests de d\u00e9pistage, un proc\u00e9d\u00e9 nouveau en Mauritanie mais tr\u00e8s simple \u00e0 d\u00e9ployer&nbsp;: une goutte de sang pr\u00e9lev\u00e9e au bout du doigt est d\u00e9pos\u00e9e sur une bandelette, le r\u00e9sultat s\u2019affiche quinze minutes plus tard avec l\u2019apparition d\u2019une barre ou deux. Tout est anonymis\u00e9. Sous une tente install\u00e9e au c\u0153ur de la ville fin septembre, 84&nbsp;volontaires ont ainsi pu se faire d\u00e9pister gratuitement en une journ\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Hawa*, elle, a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e deux semaines plus t\u00f4t. SOS Pairs Educateurs, qui fait aussi du porte-\u00e0-porte en ville, l\u2019a rencontr\u00e9e dans le restaurant o\u00f9 elle travaille. Le soir venu, l\u2019\u00e9tablissement abrite une maison de passe o\u00f9 la femme de 25\u00a0ans se prostitue. L\u2019association lui fournit gratuitement des pr\u00e9servatifs.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-code\"><code>&lt;iframe width=\"750\" height=\"422\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/kQWNprQPiv8\" title=\"Sida, Ebola, paludisme... Qui sont les \u00ab big killers \u00bb en Afrique ?\" frameborder=\"0\" allow=\"accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture\" allowfullscreen>&lt;\/iframe><\/code><\/pre>\n\n\n\n<p>Fin juin, la structure a implant\u00e9 un kiosque permanent \u00e0 Chami. On y organise des \u00ab&nbsp;causeries&nbsp;\u00bb.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;La premi\u00e8re question qu\u2019on pose, c\u2019est \u201cConnaissez-vous le VIH&nbsp;?\u201d&nbsp;\u00bb,<\/em>&nbsp;rapporte Amadou Diop, le superviseur des activit\u00e9s de l\u2019association \u00e0 Chami&nbsp;:&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Au d\u00e9but des s\u00e9ances, les gens nient l\u2019existence du virus. Mais apr\u00e8s plusieurs \u00e9changes, ils prennent conscience du probl\u00e8me.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pour se rapprocher des communaut\u00e9s les plus vuln\u00e9rables, le personnel est recrut\u00e9 \u00e0 Chami et certains professionnels du sexe servent eux-m\u00eames de relais apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 sensibilis\u00e9s.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Parfois, les clients sont r\u00e9ticents \u00e0 se prot\u00e9ger, mais je refuse ces rapports sexuels&nbsp;\u00bb,<\/em>&nbsp;confie Ibrahima*, un jeune prostitu\u00e9 install\u00e9 dans la cit\u00e9 aurif\u00e8re depuis deux ans&nbsp;:<em>&nbsp;\u00ab&nbsp;La sant\u00e9 n\u2019a pas de prix.&nbsp;\u00bb<\/em><\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9vention, traitement et stigmatisation<\/h3>\n\n\n\n<p>Dans un site de broyage en p\u00e9riph\u00e9rie du centre-ville, Omar, un minier de 19&nbsp;ans, reconna\u00eet qu\u2019il n\u2019a jamais de pr\u00e9servatifs quand il se rend chez des prostitu\u00e9es.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Ce sont les femmes qui en apportent, elles en ont toujours&nbsp;\u00bb<\/em>, t\u00e9moigne le jeune homme, entour\u00e9 de coll\u00e8gues. Avec son salaire mensuel de pr\u00e8s de 7&nbsp;000&nbsp;ouguiyas<em>&nbsp;<\/em>(164&nbsp;euros), il se r\u00e9serve une \u00e0 deux sorties hebdomadaires en ville.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Certains y vont tous les jours et j\u2019aimerais aussi y aller plus souvent&nbsp;\u00bb,<\/em>&nbsp;raconte le gar\u00e7on, qui dit d\u00e9bourser&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;400&nbsp;ouguiyas pour les plus jeunes femmes et 300 pour les autres&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au-del\u00e0 de la pr\u00e9vention, les services communautaires se d\u00e9ploient pour l\u2019acc\u00e8s aux soins. Pour leur traitement, les personnes vivant avec le VIH doivent se rendre dans l\u2019unit\u00e9 de prise en charge de Nouadhibou, \u00e0 240&nbsp;km au nord. Face \u00e0 la stigmatisation dont ils sont parfois victimes dans les structures hospitali\u00e8res, les malades peuvent compter sur les relais pour r\u00e9cup\u00e9rer les m\u00e9dicaments. Pour mesurer la charge virale ou \u00e9valuer le traitement antir\u00e9troviral, ils doivent par contre aller au centre de traitement ambulatoire de Nouakchott. Mais l\u2019association assure leur envoyer des rappels avant chaque rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Si aujourd\u2019hui les associations locales sont incontournables dans la lutte contre le VIH en Mauritanie, leur place aupr\u00e8s des services de l\u2019Etat reste \u00e0 d\u00e9finir.&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;On voudrait qu\u2019il y ait un repr\u00e9sentant des associations dans chaque structure sanitaire, afin de conseiller les malades et leur donner une \u00e9ducation th\u00e9rapeutique qui est quasi inexistante aujourd\u2019hui dans les centres de sant\u00e9&nbsp;\u00bb<\/em>, r\u00e9clame Abderrahmane Bezeid, charg\u00e9 des programmes \u00e0 SOS Pairs Educateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Salma Niasse Ba(Chami, Mauritanie, envoy\u00e9e sp\u00e9ciale) \/ Le Monde<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La population de Chami a plus que quadrupl\u00e9 en huit ans\u00a0: un boom d\u00e9mographique qui va de pair avec une explosion de la prostitution et des maladies sexuellement transmissibles. 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