Fatimetou Mint Mohamed Dahi publie « Le leadership féminin dans l’administration publique », radioscopie d’une sous-représentation

Quel est le véritable poids des femmes dans les sphères décisionnelles de l’État en Mauritanie ? C’est la question centrale à laquelle s’attelle l’experte juridique et gestionnaire, Mme Fatimetou Mint Mohamed Dahi, dans son nouvel ouvrage intitulé « Le leadership féminin dans l’administration publique », officialisé ce dimanche.

Ancienne secrétaire générale de l’Autorité de protection des données (jusqu’à fin 2025) et ex-directrice générale de la société Soma Gaz, l’autrice livre une radioscopie rigoureuse et documentée de la fonction publique à travers le prisme du genre.

Un paradoxe démographique et professionnel

Si les chiffres globaux tordent le cou aux idées reçues — les femmes représentent 52,99 % de la population mauritanienne et constituent une frange significative de la main-d’œuvre publique —, la réalité des postes à responsabilité est tout autre. Selon l’enquête menée par l’experte, les femmes ne pèsent qu’environ 11 % des emplois classés en « catégorie A », c’est-à-dire les fonctions hautement influentes dans l’appareil gouvernemental et la prise de décision administrative.

Pour Mme Mint Mohamed Dahi, cette disparité flagrante n’a rien d’une fatalité. Elle trouve ses racines dans des facteurs institutionnels et culturels profondément ancrés et cumulés au fil des décennies.

Une approche méthodologique et une feuille de route pour les décideurs

S’appuyant sur des études académiques internationales et des données factuelles, l’ouvrage ne se limite pas à un simple constat. Il retrace l’histoire de l’engagement des femmes dans l’administration depuis les années de l’indépendance, tout en disséquant les obstacles persistants en dépit des réformes engagées.

Le livre se conclut par une véritable feuille de route opérationnelle à destination des décideurs publics. Celle-ci intègre :

  • Des réformes prioritaires pour stimuler la mixité aux postes de direction,

  • Des leviers pour enclencher des transformations culturelles à long terme,

  • Des mécanismes de suivi et d’évaluation adossés à des indicateurs mesurables.

Une contribution intellectuelle majeure qui vient enrichir le débat sur l’équité, la méritocratie et la modernisation de l’État mauritanien.