Le RDP suspend sa participation au dialogue national sur fond de polémique autour d’un troisième mandat

Le paysage politique mauritanien traverse un moment de turbulences. Le Rassemblement des Démocrates Progressistes (RDP) a annoncé, dans un communiqué publié ce mercredi, la suspension de sa participation au processus préparatoire du dialogue national. Cette décision radicale intervient pour protester contre la campagne menée par le parti au pouvoir, « INSAF », en faveur d’un troisième mandat présidentiel pour Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Dans sa déclaration, le RDP dénonce avec véhémence la multiplication des marches, des meetings et des déclarations publiques appelant à une révision constitutionnelle pour prolonger le bail du chef de l’État, alors que celui-ci se trouve actuellement à la moitié de son second et dernier mandat. La formation politique pointe du doigt l’implication active de cercles proches du pouvoir, citant notamment des ministres, des cadres d’INSAF, des figures de la majorité ainsi que des responsables de l’administration territoriale.

Dénonciation d’une « violation de la Constitution »

La coalition qualifie ces appels de « violation publique des dispositions de la constitution » et du serment présidentiel prêté sur le Coran, estimant qu’ils sapent les fondements de la légitimité républicaine.

Malgré cette rupture temporaire, le RDP réitère son attachement de principe à l’idée d’un dialogue national inclusif, porteur de réformes profondes. Néanmoins, le parti pose une condition sine qua non : la suspension préalable de toute campagne en faveur d’un hypothétique troisième mandat qu’il qualifie d’anti-constitutionnel.