L’Algérie remet quatre hélicoptères au Niger pour renforcer la coopération militaire

Alger – L’Algérie a remis au Niger un important don militaire comprenant quatre hélicoptères, des munitions, des équipements, du matériel de soutien et des pièces de rechange, dans le cadre du renforcement de la coopération stratégique et sécuritaire entre les deux pays.

Le ministère algérien de la Défense a annoncé, dimanche, que cette opération intervient sur instruction du président Abdelmadjid Tebboune, Chef suprême des Forces armées et ministre de la Défense nationale.

Le don comprend deux hélicoptères de type MI-24V et deux hélicoptères MI-171. Selon le ministère, les appareils ont quitté la base de déploiement secondaire d’In Guezzam, dans le sud de l’Algérie, à destination de l’aéroport international de Niamey.

Les munitions destinées aux hélicoptères ont, quant à elles, été acheminées à bord d’un avion de transport militaire des Forces aériennes algériennes, avec des pièces de rechange ainsi que des équipements destinés au soutien, à la maintenance et à l’appui logistique.

Un renforcement de la coopération sécuritaire

Le ministère algérien de la Défense présente cette initiative comme une nouvelle étape dans le renforcement des relations qualifiées de « fraternelles et historiques » entre Alger et Niamey.

L’objectif affiché est également de soutenir les pays de la région dans les domaines de la défense et de la sécurité, tout en favorisant l’échange d’expertises.

Les autorités algériennes ont réaffirmé leur volonté de poursuivre, en coordination avec leurs partenaires, les efforts visant à contribuer au renforcement de la sécurité et de la stabilité dans la région sahélienne.

Un rapprochement après une période de tensions

Ce don intervient dans un contexte de rapprochement progressif entre l’Algérie et le Niger, après une période de tensions diplomatiques survenue en 2025.

En avril de cette année-là, le Niger, le Mali et le Burkina Faso avaient rappelé leurs ambassadeurs d’Algérie pour consultations, à la suite de la destruction par les forces algériennes d’un drone malien, présenté par Alger comme ayant violé son espace aérien.

Les relations algéro-nigériennes se sont toutefois progressivement normalisées avec le retour des ambassadeurs et la reprise des activités diplomatiques.

Cette dynamique s’est notamment illustrée en février 2026 par la visite en Algérie du président nigérien Abdourahamane Tiani, à l’invitation de son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune. La visite avait notamment porté sur le renforcement de la concertation politique et le développement de la coopération bilatérale.

Des projets énergétiques et d’infrastructures

Le rapprochement entre les deux pays dépasse le seul domaine militaire. En juin 2026, le Premier ministre algérien Sifi Gharib avait inauguré à Niamey une centrale électrique d’une capacité de 40 mégawatts, réalisée par la société publique Sonelgaz International dans le cadre d’un don algérien au Niger.

L’Algérie et le Niger partagent par ailleurs une frontière terrestre d’environ 950 kilomètres et sont engagés dans plusieurs projets stratégiques communs.

Parmi eux figure notamment la Route transsaharienne, qui relie plusieurs pays de la région, ainsi que le projet de gazoduc transsaharien (TSGP) destiné à acheminer le gaz nigérian vers l’Europe via le Niger et l’Algérie.

À travers ces différentes initiatives, Alger et Niamey cherchent ainsi à consolider leur partenariat dans les domaines de la défense, de l’énergie, des infrastructures et de la coopération économique, dans un contexte régional marqué par d’importants défis sécuritaires et géopolitiques.