Télécommunications : la Mauritanie ouvre son marché satellitaire, BRAINSAT domine l’appel d’offres de l’ARE
L’Autorité de Régulation publie les résultats provisoires de l’appel d’offres pour les licences satellitaires. BRAINSAT arrive largement en tête, tandis que VMD et Mattel devront aligner leurs offres financières pour obtenir définitivement leurs licences.
La Mauritanie franchit une nouvelle étape dans la modernisation de son secteur des télécommunications avec la publication des résultats provisoires de l’appel d’offres international portant sur l’attribution de nouvelles licences de communications mobiles par satellite et de commercialisation de capacités satellitaires.
Lancée le 22 janvier 2026 par l’Autorité de Régulation (ARE), cette procédure constitue un jalon important dans la stratégie nationale de développement des infrastructures numériques et d’extension de la couverture des services de télécommunications, notamment dans les régions les plus isolées du pays.
L’appel d’offres a suscité un vif intérêt auprès des investisseurs nationaux et internationaux. Selon les données publiées par le régulateur, treize entreprises ont retiré le dossier d’appel d’offres, tandis que neuf offres fermes ont été officiellement déposées et examinées par les services techniques de l’ARE.
BRAINSAT s’impose comme le principal acteur de la procédure
À l’issue des différentes phases d’évaluation – comprenant l’examen de la recevabilité administrative, l’analyse technique des dossiers et l’ouverture publique des offres financières – la société BRAINSAT s’est distinguée en obtenant les meilleures propositions financières pour les deux lots mis en compétition.
Pour le premier lot, consacré aux services de communications mobiles personnelles par satellite (GMPCS) en orbite géostationnaire, BRAINSAT a présenté une offre de 800 000 dollars américains, devançant largement les autres candidats. La société VMD a proposé 50 000 dollars, tandis que Guimi Multi Services a soumis une offre de 1 000 000 d’ouguiyas. L’ARE a par ailleurs déclaré irrecevable l’offre présentée par WIGO pour ce lot.
Concernant le deuxième lot, relatif à la commercialisation des capacités satellitaires, BRAINSAT a également pris la première place avec une proposition de 3 millions de dollars américains. Derrière elle figurent Mattel, avec une offre de 6,5 millions d’ouguiyas, suivie de Mauritel (4,5 millions d’ouguiyas), Wigo (3,5 millions d’ouguiyas) et VMD, qui a présenté une offre de 50 000 dollars américains.
Des attributions provisoires sous conditions
Conformément aux dispositions du règlement de la consultation, l’Autorité de Régulation a procédé à une désignation provisoire des futurs titulaires des licences.
Pour le lot consacré aux services mobiles par satellite, les adjudicataires provisoires sont BRAINSAT et VMD. En ce qui concerne le lot relatif aux capacités satellitaires, les bénéficiaires provisoires sont BRAINSAT et l’opérateur historique Mattel.
Toutefois, ces attributions restent conditionnelles pour certains opérateurs. Si BRAINSAT obtient directement les deux licences grâce à ses offres financières les plus élevées, VMD et Mattel devront impérativement aligner leurs propositions financières sur les montants de référence retenus par l’ARE, soit 800 000 dollars pour le premier lot et 3 millions de dollars pour le second.
Le régulateur précise qu’en cas de refus de cet alignement financier, les licences seront attribuées aux soumissionnaires classés immédiatement après dans l’ordre de classement, conformément aux règles prévues par le cahier des charges.
Une nouvelle étape pour la transformation numérique du pays
À travers cette ouverture encadrée du marché satellitaire, la Mauritanie entend accélérer la modernisation de ses infrastructures de télécommunications et favoriser l’arrivée de nouveaux acteurs capables d’investir dans des technologies innovantes.
Le développement des services satellitaires devrait notamment permettre d’améliorer la couverture numérique des zones rurales et enclavées, où les infrastructures terrestres demeurent limitées. Cette évolution contribuera également à renforcer l’accès aux services de télécommunications, à soutenir la transformation numérique de l’administration et des entreprises, ainsi qu’à réduire les disparités territoriales en matière de connectivité.
En publiant ces résultats provisoires, l’Autorité de Régulation confirme sa volonté d’instaurer un environnement concurrentiel transparent, fondé sur des critères techniques et financiers rigoureux, tout en accompagnant la montée en puissance du secteur numérique mauritanien.
