Le gouvernement détaille ses réformes dans l’enseignement supérieur, la presse et la coopération régionale
Des membres du gouvernement ont commenté, mercredi soir à Nouakchott, les principales décisions issues du Conseil des ministres, mettant l’accent sur les réformes engagées dans l’enseignement supérieur, la souveraineté alimentaire, la liberté de la presse et la coopération stratégique avec l’Algérie.
Lors de cette conférence, le ministre de la Culture, des Arts, de la Communication et des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, M. Houssein Ould Meddou, a rappelé que le Conseil avait adopté plusieurs textes majeurs, notamment la transformation de l’Institut Supérieur d’Enseignement Technologique (ISET) de Rosso en École Supérieure Agronomique et Vétérinaire (ESAV).
Prenant la parole, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, M. Yacoub Ould Moine, a expliqué que cette réforme s’inscrit dans la stratégie nationale visant à renforcer la sécurité alimentaire et à moderniser les systèmes agricoles et pastoraux. Selon lui, cette nouvelle structure répond également aux orientations du Président de la République en matière de diversification des opportunités de qualification et d’emploi pour les jeunes.
Le ministre a précisé que l’ESAV offrira désormais, en plus de la licence, des cycles d’ingénierie, de master et de doctorat. L’établissement, qui accueille actuellement 408 étudiants répartis dans cinq filières, dispose déjà d’une capacité d’hébergement de 900 lits et a formé 1 124 diplômés depuis sa création.
Avec cette transformation, la capacité d’accueil annuelle passera de 100 à 300 nouveaux étudiants. L’ESAV constituera également le noyau d’un futur pôle intégré de développement agricole et pastoral, avec des extensions prévues à Kaédi pour l’agriculture et à Néma pour l’élevage. Le ministre a annoncé que les travaux de ces nouvelles écoles débuteront prochainement.
Il a également souligné que plus de 11 hectares seront dédiés à l’expérimentation, accompagnés de laboratoires spécialisés pour renforcer les compétences dans les domaines de l’industrie alimentaire, du fourrage et des intrants agricoles.
Concernant les controverses liées à certains recrutements, le ministre a indiqué que les recours observés concernent principalement les qualifications et non les notes attribuées, annonçant la création d’une direction de la qualification chargée de mieux classifier les profils selon leurs spécialités.
Sur le plan diplomatique, le porte-parole du gouvernement a salué les résultats de la commission mixte mauritano-algérienne, qui a abouti à la signature de 29 conventions et protocoles d’entente dans plusieurs secteurs, notamment l’énergie. Ces accords devraient notamment renforcer l’approvisionnement énergétique du pays et soutenir plusieurs projets structurants, dont la future Maison de la Presse.
Abordant la situation du secteur médiatique, M. Houssein Ould Meddou a mis en avant les progrès réalisés par la Mauritanie, désormais classée première dans le monde arabe selon Reporters Sans Frontières en matière de liberté de la presse. Il a cité plusieurs réformes, dont l’amélioration des salaires, la régularisation de 1 865 anciens collaborateurs des médias publics, l’expansion des infrastructures médiatiques nationales et la mise en œuvre du cadre juridique relatif à la carte de presse professionnelle, dont les premières cartes ont été délivrées le 3 mai.
Le ministre a également insisté sur la volonté de l’État de garantir l’exercice libre du journalisme, tout en reconnaissant l’existence de cas isolés de perturbation, notamment lors de manifestations non autorisées. Des mesures de distinction visuelle, telles que le port de gilets spécifiques, sont en cours pour mieux identifier les journalistes sur le terrain.
Enfin, concernant la situation sécuritaire à la frontière mauritano-malienne, le porte-parole a affirmé que le gouvernement suit de près les développements, sans confirmer à ce stade les informations circulant sur de supposés enlèvements de Mauritaniens. Il a assuré que les autorités demeurent mobilisées pour protéger les citoyens et leurs biens, tout en appelant la population à respecter les consignes sécuritaires officielles.
