Langues nationales : un levier clé de l’école républicaine

La réforme du système éducatif mauritanien franchit une nouvelle étape à travers la valorisation des langues nationales, désormais considérées comme un pilier central de l’école républicaine. Dans ce cadre, la ministre de l’Éducation et de la Réforme du système d’enseignement, Houda Babah, a effectué, mardi, une visite d’inspection et d’information à l’Institut national pour la promotion et l’enseignement des langues nationales à Nouakchott.

Au cours de cette visite, la ministre a parcouru les différentes installations de l’Institut, s’informant du fonctionnement des services et du déroulement des activités pédagogiques. Elle a également assisté à une présentation détaillée des programmes mis en œuvre, des projets en cours ainsi que des perspectives de développement de cette institution, appelée à jouer un rôle stratégique dans la transformation du système éducatif national.

Cette mission de terrain visait principalement à évaluer le niveau d’avancement dans l’exécution des missions assignées à l’Institut, notamment en matière de promotion et d’enseignement des langues nationales. Elle a également permis de mesurer les efforts déployés pour intégrer ces langues dans les politiques éducatives, en cohérence avec les objectifs de la réforme en cours.

Dans une déclaration faite à cette occasion, Houda Babah a souligné que la promotion des langues nationales ne constitue nullement un choix secondaire, mais représente au contraire un fondement essentiel de l’école républicaine voulue par le Président de la République. Selon elle, l’enseignement de ces langues contribue à renforcer les valeurs d’intégration, de cohésion sociale et d’appartenance à la nation.

La ministre a, par ailleurs, indiqué avoir pris connaissance des manuels pédagogiques élaborés dans les langues nationales — pulaar, soninké et wolof — destinés aux différents cycles d’enseignement, du primaire au secondaire. Ces supports, conçus aussi bien pour les locuteurs natifs que pour les apprenants non locuteurs, couvrent plusieurs disciplines, notamment la lecture, les mathématiques, l’écriture ainsi que les guides pédagogiques destinés aux enseignants.

Elle a également été informée des principaux défis auxquels fait face l’Institut, notamment en matière de ressources humaines, de moyens techniques et de généralisation de l’enseignement des langues nationales. Ces contraintes ont été exposées dans l’optique de dégager des solutions adaptées, permettant de renforcer l’efficacité des programmes engagés.

Évoquant les efforts déployés par son département, la ministre a précisé qu’il s’agit de la troisième année consécutive de recrutement d’enseignants spécialisés dans les langues nationales. Une démarche qui traduit, selon elle, une volonté politique claire d’inscrire durablement ces langues dans le système éducatif.

Elle a insisté sur le fait que la réussite du projet de l’école républicaine repose sur l’intégration de toutes les composantes nationales, ainsi que sur le renforcement du sentiment d’appartenance des jeunes générations à une identité commune. Dans cette perspective, la diversité linguistique est perçue non pas comme un facteur de division, mais comme une richesse culturelle et un motif de fierté pour la Mauritanie.

De son côté, le directeur de l’Institut, M’Bouh Séta Diagana, a indiqué que depuis la création de l’établissement en 2023, des avancées significatives ont été réalisées. Il a notamment souligné l’élaboration de manuels scolaires dans trois langues nationales — pulaar, soninké et wolof — couvrant un large éventail de contenus pédagogiques adaptés aux besoins des élèves et des enseignants.

Cette visite ministérielle illustre ainsi l’importance croissante accordée à la valorisation des langues nationales dans les politiques publiques éducatives, dans une logique de réforme globale visant à bâtir un système éducatif inclusif, équitable et ancré dans les réalités socioculturelles du pays.