Non, une femme n’a pas été violée devant ses enfants à Aleg (capitale de la région Brakna)

 CONTEXTE

Depuis le 06 juin 2025, une allégation circule sur plusieurs pages Facebook et sites mauritaniens, affirmant : « Une femme résidant dans le quartier Ennassim de la ville d’Aleg, capitale de la wilaya de Brakna, au centre du pays, a été victime d’un viol collectif perpétré par quatre individus, qui l’ont agressée devant ses enfants. La victime a été transportée à l’hôpital de la ville où elle a subi une intervention chirurgicale, avant de quitter l’établissement à la demande de sa famille. Selon des sources locales, les forces de sécurité n’ont pas encore réussi à arrêter les suspects impliqués dans ce crime (…). »

Virale, cette publication sur la page Facebook d’Al Akhbar a suscité 2 600 réactions, 637 commentaires et a été partagée 65 fois.

Le premier a avoir publié cette nouvelle est donc  le site d’Al Akhbar «وكالة الأخبار المستقلة » (Agence indépendante d’information), premier site d’informations du pays qui compte 755 K followers sur sa page Facebook.

Elle a ensuite été reprise par les sites Africa25

et mauritania13

VERIFICATION

Après vérification minutieuse, cette information s’avère fausse. Dans un communiqué publié le 07 juin 2025 sur sa page Facebook officielle et qui a fait l’objet de 57 likes, 18 commentaires et 12 partages, le Centre hospitalier d’Aleg (مركز استطباب آلاك) a formellement démenti avoir reçu ou pris en charge une victime de viol, comme mentionné dans la rumeur.

Le communiqué précise :

« Le centre n’a reçu aucun cas de viol pendant la période mentionnée et aucune situation similaire à ce qui a été rapporté n’a été enregistrée. » L’hôpital ajoute qu’il : « reste ouvert à la presse pour toute collaboration visant à vérifier les faits, tout en appelant à éviter la diffusion de rumeurs non fondées qui pourraient nuire à la confiance dans les institutions de santé publique. »

Par ailleurs, le Quotidien de Nouakchott a interrogé un brigadier de police d’Aleg. Ce dernier affirme que : « le commissariat n’a reçu aucune plainte et n’a enregistré aucun cas de viol à la date indiquée dans ce quartier. » Pour sa part, joint par notre équipe, le journaliste et activiste de la société civile locale Oumar Belkheyr a affirmé : « Les viols sont assez rares à Aleg. Pour ma part, je ne suis au courant que de deux cas qui ont eu lieu après la date indiquée et dont les auteurs sont entre les mains de la Justice. » De son côté Moustapha Salem, un habitant du quartier, nous a répondu : « J’ai suivi la rumeur dès sa diffusion et mené une enquête minutieuse dans le quartier. Je n’ai trouvé aucune famille ni témoin oculaire ayant évoqué un tel crime. Et le quartier n’a connu aucun cas similaire. »

Sur la page facebook d’Al Akhbar elle-même, plusieurs commentaires ont mis en doute la véracité de cette allégation. Ainsi un certain Aw Alass affirme : « Cette information est fausse. Je suis un habitant du quartier Ennassim et nous n’avons connu aucun crime de ce type… » Un autre internaute, Mymone Med, ajoute : « En tout cas, nous les habitants d’Aleg nous ne sommes pas au courant de cette histoire. »

 

Al Akhbar, que nous avons contacté, maintient que l’information est « vraie » tout en refusant de nous donner son origine.

 

CONCLUSION

Non, une femme n’a pas été violée devant ses enfants à Aleg. Cette allégation circulant depuis le 06 juin 2025 sur plusieurs pages Facebook et sites mauritaniens est fausse.

Recommandation au public : Vous êtes témoins ou confrontés à une information douteuse dans votre quartier ou sur internet ? Contactez le Quotidien de Nouakchott et son équipe de fact-checking. Vous éviterez ainsi de relayer des informations non-vérifiées sur les réseaux sociaux.