Réunion sous tension de la Fondation N7 à New York pour relancer les Accords d’Abraham sur fond de crise à Gaza
C’est une initiative diplomatique qui se heurte de plein fouet à la réalité du terrain. Pour la première fois depuis le déclenchement du conflit à Gaza en octobre 2023, des pays signataires des Accords d’Abraham se sont officiellement retrouvés à New York, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, pour tenter de réinsuffler de la dynamique à un processus largement fragilisé.
Placée sous l’égide des États-Unis — dont la délégation était menée par Allison Hooker, sous-secrétaire d’État aux Affaires politiques —, la rencontre organisée par la Fondation N7 a réuni trois États arabes, Israël et Washington. Une participation restreinte qui illustre la réticence quasi-unanime du monde arabe et musulman à l’égard de ces accords, vidés de leur substance par les tragédies en cours.
Une crédibilité mise à l’épreuve par le contexte gazaoui
Nés en 2020 sous la première administration Trump, les Accords d’Abraham sont perçus par de nombreux observateurs comme une tentative de contourner le référentiel historique d’Oslo. L’actualité dramatique de ces derniers mois, marquée par les poursuites visant le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou devant la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, jette une ombre lourde sur ces tractations.
Bien que certains participants à la réunion de la N7, à l’instar de Zack Apt, plaident ouvertement pour une relance de la solution à deux États comme seule issue viable, d’autres entretiennent des liens étroits avec un gouvernement israélien sous le feu des critiques internationales.
L’impasse d’une normalisation sans l’État palestinien
Pour les analystes et les grands acteurs régionaux, à l’instar de l’Arabie saoudite, toute tentative de recomposition géopolitique qui fait l’impasse sur la question palestinienne est vouée à l’échec. L’exigence demeure inchangée : seule la jouissance par les Palestiniens de leurs droits nationaux et de leur État souverain — mettant fin à l’occupation en cours depuis 1967 — permettra d’instaurer une paix durable.
Le récent boycott du discours de Benyamin Netanyahou à l’ONU par près de 80 délégations témoigne de l’isolement croissant d’une politique gouvernementale israélienne jugée suicidaire pour la stabilité de la région. Dans ce climat de profonde défiance, l’élargissement des Accords d’Abraham apparaît plus que jamais comme un pari utopique, tant que la cause des causes ne sera pas résolue à sa racine.
