En tout cas : TOUT nous unit en Mauritanie / THIAM Zakaria

Notre pays est une nation façonnée par une histoire commune, des valeurs partagées et un destin collectif, profondément enraciné dans la foi, la solidarité et l’attachement à la patrie. Malgré la diversité de ses composantes humaines, culturelles et sociales, notre pays demeure un espace où les liens qui unissent les citoyens sont infiniment plus forts que ce qui pourrait les différencier. À travers les siècles, notre attachant pays a construit son identité sur des fondements spirituels, historiques, juridiques et humains qui consacrent l’unité nationale comme une réalité vivante et non comme un simple slogan.

Le premier et le plus puissant facteur d’unité du peuple mauritanien demeure sans conteste l’Islam. Religion de l’ensemble de la population, l’Islam constitue le socle spirituel, moral et civilisationnel de la Mauritanie. Il a façonné les comportements, les rapports sociaux, les traditions de solidarité, de tolérance et de justice qui caractérisent la société mauritanienne. Depuis des siècles, les mahadras, les mosquées et les grands foyers de savoir ont contribué à diffuser une culture de paix, de modération et de coexistence harmonieuse entre les différentes composantes du pays. L’Islam a ainsi toujours été un puissant facteur de cohésion sociale et de rapprochement entre les citoyens, au-delà des appartenances ethniques, linguistiques ou tribales.

L’histoire de la Mauritanie témoigne également d’un long processus d’interactions, de brassage et de complémentarité entre les différentes communautés nationales. Arabes, Soninkés, Pulaar, Wolofs et autres composantes du tissu national ont, au fil des générations, partagé les mêmes espaces, les mêmes défis et souvent les mêmes combats. Les échanges commerciaux, les alliances sociales, les relations culturelles et les solidarités traditionnelles ont contribué à forger une conscience collective nationale profondément enracinée dans la coexistence et l’interdépendance. L’identité mauritanienne ne s’est pas construite dans l’exclusion, mais dans la rencontre et la complémentarité.

La lutte commune contre les difficultés climatiques, les contraintes du désert, les défis économiques et les menaces sécuritaires a également renforcé les liens entre les populations. Dans les moments difficiles de son histoire, la Mauritanie a toujours su trouver dans l’unité de son peuple la force nécessaire pour préserver sa stabilité et défendre sa souveraineté. Cette capacité de résilience collective constitue aujourd’hui encore l’un des plus grands atouts du pays dans un environnement régional marqué par de nombreuses tensions.

Au-delà des liens historiques et spirituels, l’unité nationale mauritanienne repose également sur un socle juridique et institutionnel solide. La Constitution de la République Islamique de Mauritanie consacre les principes d’égalité entre les citoyens, de justice, de dignité humaine et d’attachement aux droits fondamentaux. Elle affirme l’unité du peuple mauritanien et garantit à tous les citoyens les mêmes droits et les mêmes devoirs sans distinction aucune. Elle érige également l’Islam en religion du peuple et de l’État, tout en consacrant les principes démocratiques, l’État de droit et le respect des libertés publiques.

À cela s’ajoute l’adhésion de la Mauritanie à de nombreux instruments juridiques internationaux et régionaux relatifs aux droits de l’homme. Ces engagements traduisent la volonté constante des Pouvoirs Publics de promouvoir les valeurs de justice, de liberté, d’égalité et de respect de la personne humaine. Les textes nationaux, les réformes institutionnelles et les politiques publiques menées ces dernières années témoignent d’une dynamique progressive visant à consolider davantage la cohésion sociale, l’inclusion et l’égalité des chances entre tous les citoyens.

L’école républicaine, les institutions publiques, les forces armées et de sécurité, ainsi que les grandes administrations nationales jouent également un rôle majeur dans la consolidation du sentiment d’appartenance nationale. Chaque jour, des Mauritaniens de toutes origines étudient ensemble, travaillent ensemble et servent ensemble la nation dans un esprit de fraternité et de responsabilité partagée. Cette réalité quotidienne démontre que l’unité nationale n’est pas un concept abstrait, mais une pratique concrète vécue dans tous les secteurs de la vie nationale.

La Mauritanie moderne doit ainsi continuer à puiser sa force dans ce qui rassemble son peuple plutôt que dans ce qui pourrait le diviser. Les discours de haine, les tentatives de fragmentation sociale ou les replis identitaires ne peuvent prospérer durablement dans une nation dont les racines reposent sur une histoire commune, une même foi et un même destin.

Aujourd’hui plus que jamais, face aux défis économiques, sociaux et géopolitiques contemporains, l’unité nationale demeure la principale garantie de stabilité, de développement et de prospérité pour notre pays. Aucun progrès durable ne peut être construit sans confiance mutuelle, sans justice sociale et sans respect des valeurs communes qui fondent notre vivre-ensemble.

La Mauritanie est une et indivisible. Elle appartient à tous ses enfants sans distinction. Son avenir dépendra toujours de la capacité de ses filles et de ses fils à préserver l’esprit de fraternité, de solidarité et de patriotisme qui a permis à cette nation de traverser l’histoire avec dignité.

Car en Mauritanie, malgré nos diversités culturelles et linguistiques, malgré les différences de parcours ou d’origines, une vérité demeure immuable : Tout nous unit.

Quel rôle peuvent jouer les partis politiques pour préserver et renforcer cette unité ?

Les partis politiques ont une responsabilité historique et morale majeure dans la préservation et le renforcement de l’unité nationale en Mauritanie. En tant qu’acteurs essentiels de la vie démocratique, ils ne doivent pas seulement chercher à conquérir ou à exercer le pouvoir, mais également contribuer à consolider la cohésion sociale, la stabilité institutionnelle et le vivre-ensemble entre les différentes composantes de la nation.

Le premier rôle des partis politiques consiste à promouvoir un discours national rassembleur fondé sur la citoyenneté, l’égalité et le respect mutuel. Dans une société marquée par sa diversité culturelle, linguistique et sociale, les formations politiques doivent éviter toute instrumentalisation des appartenances communautaires, ethniques ou tribales à des fins électoralistes. Elles ont au contraire le devoir de faire prévaloir l’intérêt supérieur de la nation sur les calculs politiques de circonstance.

Les partis politiques doivent également contribuer à ancrer les valeurs démocratiques et républicaines dans les comportements politiques. Le respect des institutions, de la Constitution, des lois de la République et des règles du jeu démocratique, constitue un facteur essentiel de stabilité et d’unité. Une opposition responsable comme une majorité responsable doivent toutes deux considérer que la préservation de la paix civile et de la cohésion nationale est une ligne rouge qui ne saurait être franchie.

Par ailleurs, les partis politiques peuvent jouer un rôle déterminant dans l’éducation citoyenne et la sensibilisation des populations. À travers leurs discours, leurs programmes et leurs activités de terrain, ils peuvent promouvoir la culture du dialogue, de la tolérance, du respect des différences et du rejet des discours de haine ou de discrimination. Ils peuvent contribuer à renforcer chez les citoyens le sentiment d’appartenance à une même nation partageant un destin commun.

Ils ont également un rôle important dans la promotion de la justice sociale et de l’égalité des chances. Les frustrations économiques, les sentiments d’exclusion ou les inégalités réelles ou perçues peuvent fragiliser l’unité nationale. Les partis politiques doivent donc porter des projets crédibles visant à améliorer les conditions de vie des populations, à lutter contre la pauvreté, à favoriser l’accès équitable aux services publics et à renforcer l’inclusion sociale dans toutes les régions du pays.

La représentativité équilibrée au sein des partis constitue aussi un enjeu important. Des formations politiques ouvertes à toutes les composantes nationales, accordant une place aux jeunes, aux femmes et aux différentes sensibilités sociales et culturelles, contribuent davantage à la consolidation de l’unité nationale qu’un paysage politique dominé par les replis identitaires ou communautaires.

En outre, les partis politiques peuvent servir de cadres permanents de dialogue national. Dans les périodes de tensions ou de crises, ils ont la responsabilité de privilégier les solutions consensuelles, les mécanismes de concertation et les approches apaisées plutôt que les logiques d’affrontement susceptibles d’alimenter les divisions.

Enfin, les partis politiques doivent participer à la défense de l’image et de la stabilité de notre pays sur les plans régional et international. Dans un contexte sous-régional marqué par l’instabilité sécuritaire et les fractures sociales, la capacité des acteurs politiques mauritaniens à préserver un climat de paix, de dialogue et de responsabilité, constitue un acquis précieux qu’il convient de protéger collectivement.

L’unité nationale ne peut être préservée durablement sans une classe politique consciente de ses responsabilités historiques. Les partis politiques doivent demeurer des écoles de citoyenneté, des espaces de débat constructif et des instruments de rassemblement au service de toute la nation.

Car lorsque les partis politiques élèvent le débat, respectent les valeurs républicaines et placent l’intérêt national au-dessus des clivages, ils deviennent alors de véritables piliers de l’unité et de la stabilité de la Mauritanie.

THIAM Zakaria

Membre du Conseil National du Parti INSAF