Mali : Six camions marocains incendiés sur l’axe vers Bamako, les transporteurs appellent au respect des mesures de sécurité
Six camions marocains transportant des denrées alimentaires à destination de Bamako ont été incendiés par des hommes armés affiliés au bataillon Macina, une composante du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), sur un axe routier reliant la Mauritanie à la capitale malienne, selon plusieurs témoignages relayés mercredi.
L’information a été confirmée par Mme Rachida Sbihi, représentante en Mauritanie et au Maroc de l’Union des Conducteurs Routiers de l’Afrique de l’Ouest (UCRAO), qui a précisé qu’aucun chauffeur marocain n’avait été blessé lors de cette attaque.
Elle a toutefois insisté sur l’importance du respect strict des consignes de sécurité imposées dans les zones à haut risque, notamment l’obligation pour certains transporteurs de circuler en convois sécurisés sous escorte des forces armées maliennes. Selon elle, le non-respect de ces dispositions expose davantage les chauffeurs aux attaques dans les régions sensibles du territoire malien.
D’après des sources concordantes, l’attaque s’est produite sur la route reliant Koki Zamal, en Mauritanie, à Bamako, dans un contexte de détérioration persistante de la situation sécuritaire au Mali. Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent des camions en flammes, bien que l’authenticité complète de certaines séquences et l’identité précise de tous les véhicules n’aient pas été officiellement confirmées.
Le bataillon Macina, dirigé par Amadou Koufa, avait récemment affirmé vouloir imposer un blocus sur Bamako afin de perturber l’approvisionnement en vivres et en carburant. Une déclaration rejetée par les autorités maliennes, qui ont assuré que les circuits logistiques restaient opérationnels, mettant en avant l’arrivée régulière de convois de ravitaillement.
Cette attaque intervient dans un contexte de recrudescence des violences armées, après une série d’opérations revendiquées le 25 avril par le JNIM en coordination avec d’autres groupes, visant plusieurs localités stratégiques, dont Bamako, Kati, Mopti, Sévaré, Gao et Kidal.
En réaction, l’armée malienne, appuyée par les forces de la Légion africaine russe, a intensifié ses opérations militaires et frappes aériennes, affirmant avoir neutralisé plusieurs dizaines de combattants.
Cet incident souligne une nouvelle fois les défis sécuritaires auxquels restent confrontés les corridors commerciaux en Afrique de l’Ouest, particulièrement sur les axes stratégiques reliant la Mauritanie au Mali.
