La Mauritanie se dote d’un cadre juridique pour protéger son espace côtier et accélérer l’économie bleue
Le Conseil des ministres, réuni mercredi 29 avril 2026, a adopté un important projet de loi relatif au littoral, marquant une nouvelle étape dans la stratégie nationale de préservation, d’aménagement et de valorisation durable du littoral mauritanien.
Présenté comme un texte structurant, ce projet vise à établir les principes fondamentaux d’une gestion intégrée et durable du littoral, tout en définissant de manière claire les règles encadrant son aménagement, sa protection, sa gestion et sa valorisation économique.
Lors de la conférence de presse consacrée aux résultats du Conseil, la ministre de l’Environnement et du Développement durable, Messouda Baham Mohamed Laghdaf, a souligné que cette réforme répond à des défis environnementaux et économiques majeurs, dans un contexte où le littoral mauritanien fait face à une pression croissante.
Selon la ministre, les menaces pesant sur cette bande stratégique incluent notamment l’expansion humaine, les effets du changement climatique, l’exploitation pétrolière et gazière, ainsi que diverses activités économiques susceptibles d’altérer les équilibres écologiques.
Le nouveau cadre législatif ambitionne ainsi de combler les vides juridiques existants, en réglementant avec davantage de précision les activités ayant un impact direct ou indirect sur le littoral, afin d’éviter les ambiguïtés et de renforcer la gouvernance environnementale.
Au-delà de sa dimension protectrice, cette loi s’inscrit également dans une vision économique plus large, orientée vers la promotion de l’économie bleue, secteur considéré comme stratégique pour diversifier les ressources nationales, attirer les investissements et honorer les engagements internationaux de la Mauritanie en matière environnementale.
La ministre a également abordé la problématique de la gestion des déchets, rappelant que son département assure une mission d’encadrement stratégique, tandis que les opérations concrètes relèvent d’autres structures sectorielles.
Évoquant la société ARMA, chargée de la salubrité à Nouakchott, elle a estimé légitime que cette entreprise fasse l’objet d’évaluations et d’audits, dès lors qu’elle intervient dans le cadre d’un marché public.
Mme Messouda a par ailleurs révélé que près de 70 % des déchets produits sont constitués de matières plastiques, considérant l’initiative « zéro déchet » comme une opportunité de transformer cette contrainte environnementale en ressource économique, notamment par le recyclage.
Dans cette dynamique, sept investisseurs auraient déjà manifesté leur intérêt pour le secteur de la valorisation des déchets, tandis que le recyclage des déchets biomédicaux est également envisagé comme une piste de développement.
La ministre a enfin rappelé l’importance du Forum régional maritime et côtier de l’Afrique de l’Ouest, récemment organisé à Nouakchott, qui a réuni plus de 700 participants, parmi lesquels experts, chercheurs et partenaires internationaux, et permis de mobiliser des financements ainsi que des intentions d’investissement.
À travers ce projet de loi, la Mauritanie affiche ainsi son ambition de mieux protéger son littoral, de moderniser sa gouvernance environnementale et de faire de ses espaces côtiers un levier stratégique de développement durable.
