Bruxelles : Ghazouani consolide le partenariat stratégique entre la Mauritanie et l’OTAN
En visite officielle à Bruxelles, le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani a été reçu mercredi 25 mars 2026 au siège de Organisation du traité de l’Atlantique nord par son secrétaire général Mark Rutte. Une rencontre de haut niveau marquée par des échanges approfondis avec le Conseil de l’Atlantique Nord, principal organe décisionnel de l’Alliance.
Le Sahel au cœur des préoccupations euro-atlantiques
Au cours de cette visite, Mark Rutte a insisté sur un point central : la dégradation de la situation sécuritaire dans le voisinage sud de l’OTAN a désormais un impact direct sur la sécurité euro-atlantique. Une réalité qui confère au Sahel une importance stratégique accrue.
Dans ce contexte, la Mauritanie apparaît comme un partenaire clé. Le secrétaire général a souligné la nécessité de renforcer le dialogue politique et la coopération pratique avec des partenaires « partageant les mêmes valeurs », citant explicitement Nouakchott comme un acteur de référence dans la région.
Plus de 30 ans de coopération renforcée
Le partenariat entre la Mauritanie et l’OTAN ne date pas d’hier. Il remonte à 1995, année où le pays a rejoint le Dialogue méditerranéen de l’Alliance. Depuis, cette coopération n’a cessé de se renforcer, atteignant aujourd’hui un niveau stratégique.
Avec plus de trois décennies de collaboration, la Mauritanie est désormais considérée comme un partenaire essentiel et un pôle émergent de stabilité au Sahel. Une reconnaissance importante dans une région marquée par les crises sécuritaires et les recompositions géopolitiques.
Une nouvelle phase avec le programme ITPP
L’année 2026 marque un tournant dans cette relation. La Mauritanie et l’OTAN ont récemment approuvé un Programme de Partenariat Individuellement Adapté (ITPP), ouvrant une nouvelle phase de coopération.
Ce programme vise à exploiter pleinement le potentiel du partenariat, notamment en matière de :
* formation militaire,
* renforcement des capacités institutionnelles,
* modernisation des outils de défense.
En parallèle, un paquet de renforcement des capacités de défense et de sécurité (DCB) est mis en œuvre pour soutenir la Mauritanie dans la consolidation de ses capacités militaires. L’objectif est clair : bâtir une défense plus résiliente, capable de répondre aux menaces transnationales, tout en contribuant à la stabilité de l’ensemble du Sahel.

Une relation en continuité stratégique
Cette visite s’inscrit dans la continuité des échanges entre les deux parties. Le président Ghazouani s’était déjà rendu au siège de l’OTAN en janvier 2021, marquant ainsi une volonté constante de maintenir un dialogue stratégique avec l’Alliance.
Cinq ans plus tard, la relation a clairement franchi un cap, passant d’un partenariat de coopération à une véritable alliance fonctionnelle autour des enjeux de sécurité régionale.
Une reconnaissance du modèle mauritanien
Au-delà des accords et des programmes, cette visite consacre un fait : la Mauritanie est aujourd’hui perçue comme un acteur fiable et stabilisateur dans une région en crise.
Sa stratégie sécuritaire, combinant contrôle territorial, renseignement et prévention, est régulièrement citée comme un modèle dans le Sahel. En s’appuyant sur ce socle, Nouakchott renforce sa crédibilité internationale et son rôle d’interlocuteur privilégié pour les grandes organisations de sécurité.
Une projection diplomatique assumée
En se rendant à Bruxelles, Ghazouani confirme la volonté de la Mauritanie de s’inscrire pleinement dans les dynamiques de sécurité globale, tout en préservant son autonomie stratégique.
Ce déplacement envoie un signal clair : la Mauritanie ne se contente plus d’être un acteur périphérique, mais entend jouer un rôle central dans la définition des réponses aux crises du Sahel.
À travers ce rapprochement renforcé avec l’OTAN, Nouakchott consolide sa position de pivot sécuritaire régional — et s’impose, de plus en plus, comme un partenaire incontournable dans l’architecture de sécurité internationale.
