Interview de Mohamed Moktabel : ‘’Je me porte candidat à la présidence de l’Union Africaine de Karaté pour opérer un changement qualitatif… Le Maroc connaît un essor sans précédent dans ce sport’’

À la lumière du développement que connaît le karaté aux niveaux national et africain, et suite à l’annonce de sa candidature à la présidence de l’Union Africaine de Karaté, Mohamed Moktabel (Photo), président de la Fédération Royale Marocaine de Karaté, revient sur les raisons de sa candidature, sa vision pour l’avenir du karaté continental, et les étapes clés franchies par le karaté marocain. Il aborde également les défis à relever, les domaines à développer, notamment en ce qui concerne la jeunesse, les femmes, les infrastructures, et bien d’autres sujets.

Voici l’intégralité de l’entretien :

Candidature à la présidence de l’Union Africaine de Karaté : objectifs et ambitions

 Qu’est-ce qui vous a poussé à vous porter candidat à la présidence de l’Union Africaine de Karaté ?

 Ma candidature découle d’une conviction profonde quant à la capacité du continent africain à devenir une force majeure dans le karaté mondial. Mais cela nécessite une nouvelle direction et une vision stratégique unifiée. Mon expérience longue en gestion sportive, tant au niveau national qu’international, me qualifie pour porter ce projet avec efficacité.

Quels sont les axes majeurs de votre programme électoral ?

 Le programme repose sur trois priorités essentielles :

  • Développement des infrastructures et de la formation à l’échelle du continent.
  • Renforcement de la bonne gouvernance et de la transparence au sein de l’Union.
  • Ouverture à des partenariats internationaux permettant l’échange technique et intellectuel.

Qu’est-ce qui vous distingue des autres candidats ?

Ma proximité avec les fédérations nationales, ma connaissance profonde des réalités africaines, ainsi que ma large expérience dans les instances sportives me placent en position de conduire un véritable changement.

Votre candidature est-elle soutenue sur le continent ?

Oui, je bénéficie d’un large soutien de plusieurs fédérations. Il y a un réel optimisme quant à la nécessité de changement positif au sein de l’Union. Nous sommes en dialogue constant avec les différentes parties prenantes pour faire avancer cette dynamique.

Quelle est votre vision pour le développement du karaté en Afrique ?

Nous visons à rendre le continent plus compétitif à l’échelle mondiale, à travers :

  • Une intensification de la formation continue.
  • L’organisation régulière de compétitions continentales.
  • Une plus grande inclusion des jeunes et des femmes.
  • L’adoption du digital dans la gestion et la communication.

Comment comptez-vous faire face aux inégalités entre les pays africains ?

Nous adopterons une logique de solidarité sportive, en apportant un soutien technique et logistique aux pays à faibles moyens, et en lançant des programmes de formation régionaux communs.

Avez-vous une stratégie pour renforcer la présence africaine à l’échelle mondiale ?

Oui, notamment en élevant le niveau des athlètes et des entraîneurs, en participant activement aux compétitions internationales, et en renforçant la place de l’Union Africaine dans la structure mondiale du karaté.

Quel message souhaitez-vous adresser aux sportifs et dirigeants du continent ?

Mon message est clair : l’avenir est entre nos mains. Travaillons ensemble, avec confiance et unité, pour offrir au karaté africain la place qu’il mérite.

Le karaté Marocain : une progression remarquable malgré des défis persistants

 Comment évaluez-vous la situation du karaté au Maroc ?

Le sport connaît une dynamique très positive, notamment chez les jeunes. Nous disposons d’une large base de pratiquants et enregistrons de très bons résultats au niveau continental et mondial.

Quels sont les principaux défis au niveau national ?

  • Insuffisance des infrastructures dans certaines régions.
  • Faiblesse des ressources financières de certains clubs.
  • Nécessité de développer la pratique dans les écoles et les zones rurales.

Qu’en est-il de la formation des cadres ?

Nous formons des entraîneurs et arbitres selon des méthodes modernes, via des académies et des écoles régionales. Toutefois, nous voulons aller plus loin en intégrant la technologie et en renforçant la formation continue.

Les réussites internationales… et l’émergence de talents Marocains

Quelles sont les récentes réalisations du Maroc ?

Nous avons décroché des médailles dans des compétitions arabes et africaines, avec des athlètes marocains qui se sont distingués au niveau mondial comme Aya Ennassiri et Saïd Oubaya.

Comment vous préparez-vous aux grandes compétitions ?

À travers des stages nationaux et internationaux, l’analyse des adversaires et la mise en place de plans tactiques précis avec des entraîneurs de haut niveau.

Y a-t-il des talents prometteurs ?

Oui, nous avons de jeunes talents très prometteurs sur lesquels nous misons pour représenter dignement le karaté marocain au niveau mondial.

Infrastructures et formation : bâtir les champions de demain

 Quel est le rôle des académies et écoles régionales ?

 Elles sont un pilier essentiel pour détecter et développer les talents à travers des parcours de formations structurés et supervisés par des entraîneurs qualifiés.

Le Maroc dispose-t-il d’infrastructures suffisantes ?

La situation s’améliore, mais des carences subsistent dans certaines régions. Nous collaborons avec nos partenaires pour combler ces lacunes.

Existe-t-il des programmes pour la qualification des entraîneurs et arbitres ?

Oui, nous organisons régulièrement des stages nationaux et internationaux, en adoptant les dernières méthodes d’enseignement et d’arbitrage.

Relations internationales et ouverture sur l’Afrique et le monde

 Quelle est la place du Maroc dans les instances internationales ?

Le Maroc jouit d’une place respectée au sein des fédérations internationale et africaine, avec une forte présence dans les commissions techniques et organisationnelles.

Existe-t-il des partenariats internationaux ?

Oui, avec plusieurs fédérations d’Europe et d’Afrique. Ces partenariats portent sur la formation, les échanges d’expertise et l’organisation d’événements communs.

Quel rôle joue le Maroc dans le développement du karaté en Afrique ?

Nous contribuons activement à l’organisation de compétitions et de stages, et participons aux initiatives africaines pour élargir la base de pratiquants.

Femmes et jeunesse : piliers de l’avenir du karaté

Comment encouragez-vous la pratique chez les jeunes ?

Nous intégrons le karaté dans les activités scolaires, menons des campagnes de sensibilisation et organisons des championnats locaux pour repérer les jeunes talents.

Qu’en est-il de la participation féminine ?

Elle est en nette progression. Nous avons lancé des programmes spécifiques pour les filles, incluant des ateliers de motivation et des compétitions dédiées.

Gouvernance et financement : pour une continuité durable

Comment garantissez-vous la transparence au sein de la Fédération ?

Par des mécanismes clairs de gestion, un contrôle financier régulier effectué par des commissions spécialisées, et la publication de rapports périodiques.

Comment accompagnez-vous les clubs techniquement et financièrement ?

Grâce au soutien de l’État et à des partenariats privés, nous veillons à une répartition équitable des aides, tout en assurant un encadrement technique constant.

Projets d’avenir : une vision ambitieuse pour le karaté marocain

Quels sont les projets majeurs de la Fédération ?

 –  Renforcement des académies régionales.

– Généralisation de la pratique du karaté à l’école.

– Accueil de grandes compétitions internationales au Maroc.

Le karaté peut-il devenir un sport populaire au Maroc ?

Absolument. Le soutien croissant des autorités et l’intérêt grandissant des jeunes pour les valeurs de cette discipline en font un sport d’avenir.

Soutien royal : un levier stratégique

Quel est l’impact du soutien royal sur le développement du sport au Maroc et en Afrique ?

Le soutien de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu le préserve, est un véritable levier pour le sport marocain. Grâce à Sa vision, le sport est devenu un outil de développement et un espace de rayonnement national et international. Les initiatives royales envers l’Afrique renforcent également la solidarité sportive et encouragent les échanges entre les pays africains, ce qui donne un élan considérable à nos projets.

Mot de la fin à la jeunesse :

“Le karaté n’est pas seulement une compétition, c’est une école de valeurs et d’équilibre. Nous accueillons à bras ouverts tous les jeunes ambitieux désireux de construire leur avenir dans ce noble sport.”