Oui, le Canada veut accueillir 500000 nouveaux immigrants chaque année d’ici 2025

Depuis fin 2022, les réseaux sociaux, particulièrement you Tube, la presse canadienne, et même internationale parlent de plus en plus de la possibilité du Canada d’accueillir un demi-million d’immigrants chaque année d’ici  2025. Notre équipe de fac-checking s’est penché sur la question, et a conclu que c’était vrai.

CONTEXTE

Depuis fin 2022 et jusqu’à présent, l’annonce de l’accueil d’un demi-million d’immigrants d’ici 2025 par le Canada est toujours d’actualité. En effet, tous les indicateurs montrent que cet immense pays fait face à une véritable crise de main-d’œuvre, amplifiée par un vieillissement de la population locale.

Selon ici.radio-canada.ca : « Les personnes âgées de 55 ans et plus quittent la main-d’œuvre canadienne, un exode qui, selon certains économistes, a été accéléré par la pandémie, car de nombreux travailleurs âgés ont opté pour une retraite anticipée. Et il n’y a tout simplement pas assez de jeunes travailleurs pour les remplacer. »

Ainsi, la toile est inondée par des vidéos you Tube mettant en vedettes des hommes politiques canadiens et autres analystes défendant cette thèse volontariste de l’accueil de milliers d’immigrants pour soutenir l’économie de ce pays aux dimensions d’un continent :

cpac,186000 followers  et 1600 vues ; Bonjour Canada, 173000 followers et 13000 vues ; Exponentiel Fodjo, 24400 followers et 993 vues ; kb conseils tv, 24300 followers et 1700 vues ; FP_Opportunités de voyage, 15000 followers et 121 ; Monde Emergent, 8150 followers et 830 vues ; Partir au Canada, 3180 followers et 459 vues ; Ghali-Houtton Miraud, 379 followers et 1700 vues, etc.

VERIFICATION

Le 1er novembre 2022,  Le Figaro avec AFP écrit : « Le Canada a rehaussé ses seuils d’immigration avec comme objectif d’accueillir 500.000 nouveaux arrivants chaque année d’ici 2025 afin de compenser un manque de main-d’œuvre criant, a annoncé mardi le ministre de l’Immigration.

«Le Canada a besoin de plus de monde», a déclaré Sean Fraser lors d’une conférence de presse. Plus de 900.000 postes sont actuellement à pourvoir dans de nombreux secteurs du pays. Le chômage a également atteint des niveaux historiquement bas au cours des derniers mois, s’établissant à 5,2% en septembre. Afin d’y pallier, Ottawa prévoit donc d’accorder la résidence permanente à 465.000 personnes en 2023 (soit 18 000 de plus que précédemment), 485.000 en 2024 (soit 34.000 de plus) et 500.000 en 2025.

Le gouvernement fédéral compte notamment améliorer ses programmes de sélection pour répondre au mieux «aux pénuries criantes de main-d’œuvre» dans des secteurs «tels que les soins de santé, les emplois spécialisés, le secteur manufacturier et les STEM (sciences, technologie, ingénierie et mathématiques)». D’ici 2025, l’objectif est que plus de 60% des admissions totales soient des migrants économiques, a déclaré Fraser. Le Canada vise également à réunir plus rapidement les familles dont certains membres se trouvent à l’étranger, mais à accueillir un peu moins de réfugiés. »

Le 4 novembre 2022, le courrier international écrit à son tour : « Le Canada a décidé d’ouvrir encore plus grand ses portes afin de soutenir sa reprise économique et compenser une courbe démographique inquiétante. Un million de postes vacants, un taux de natalité qui chute depuis des années : “Pour moi, c’est simple, dit le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, le Canada a besoin de davantage de gens.” Faisant écho à un sondage selon lequel 70 % des interrogés sont plus que jamais favorables à l’immigration, M. Fraser a déclaré, le 1er novembre, que :

“Les Canadiens comprennent la nécessité de continuer à faire croître notre population si nous voulons répondre aux besoins de main-d’œuvre.”

Le pays, signale son ministère, compte accueillir 465 000 nouveaux résidents permanents l’an prochain, 485 000 en 2024 et 500 000 en 2025. L’accent est clairement mis sur la croissance économique : 60 % des admissions se feront sur des critères économiques dans trois ans. Ottawa compte, en outre, accélérer la réunification des familles et s’assurer “qu’au moins 4,4 % des nouveaux résidents permanents hors Québec sont francophones”.

En 2023, ici.radio-canada.ca annonçait : « Le gouvernement fédéral conserve son seuil de 500 000 nouveaux arrivants en 2025, cible qui sera maintenue au cours des années suivantes. Ottawa dit ainsi vouloir mieux sélectionner ces nouveaux Canadiens, histoire de combler la pénurie de main-d’œuvre tout en respectant la capacité d’accueil des provinces.

En conférence de presse, mercredi à Ottawa, le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Marc Miller, a ainsi confirmé l’augmentation des cibles d’immigration à 485 000 nouveaux arrivants, l’an prochain, puis l’établissement, dès 2025, d’un maximum annuel d’un demi-million de résidents supplémentaires.

Selon lui, cette décision permet au Canada de faire venir les travailleurs nécessaires pour combler les besoins des diverses industries, y compris le secteur névralgique de la construction, dans un contexte de crise du logement.

Toujours au dire de M. Miller, la cible de 500 000 immigrants, déjà annoncée par le gouvernement, fait suite à de vastes consultations menées avec de nombreux acteurs sociaux, politiques et économiques d’un océan à l’autre.

Le ministre a précisé que l’État souhaitait mieux planifier l’intégration de ces nouveaux arrivants afin de faciliter leur accueil. Il faut un plan de croissance complet et coordonné pour l’ensemble du Canada, a-t-il déclaré, avant de reconnaître que jusqu’à présent, Ottawa ne s’était pas suffisamment penché sur les impacts macroéconomiques de l’immigration, histoire de mieux coordonner les arrivées en fonction des besoins du marché du travail. »

Ainsi, on  pouvait lire sur canada.ca : « L’honorable Marc Miller, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, a annoncé aujourd’hui le Plan des niveaux d’immigration 2025-2027 : un plan qui mettra un frein à la croissance démographique à court terme afin de parvenir à une croissance bien gérée et durable à long terme. Pour la première fois, le plan des niveaux comprend des cibles contrôlées pour les résidents temporaires, en particulier les étudiants étrangers et les travailleurs étrangers, ainsi que pour les résidents permanents.

L’immigration est essentielle à la réussite économique et à la croissance de notre pays. Lors de la réouverture du Canada après la pandémie, les besoins des entreprises étaient plus importants que l’offre de travailleurs disponibles pour soutenir leur redressement. Nous avons pris des mesures décisives pour attirer certains des meilleurs et plus brillants talents du monde afin qu’ils étudient et travaillent au Canada, et pour les intégrer rapidement dans l’économie. La reprise économique s’en est trouvée accélérée. Cela signifie également qu’une immigration vigoureuse a permis d’éviter une récession, tout en contribuant à la main-d’œuvre du Canada.

En réponse à l’évolution des besoins de notre pays, ce plan transitoire allège les pressions sur le logement, les infrastructures et les services sociaux, de sorte qu’à long terme, nous puissions accroître notre prospérité économique et sociale grâce à l’immigration. Ce plan sans précédent propose une approche globale de l’accueil des nouveaux arrivants, qui préserve l’intégrité de nos programmes d’immigration et donne aux nouveaux arrivants les moyens de réussir. Il est également clair que les Canadiens attendent du gouvernement du Canada un système d’immigration bien géré.

Le Plan des niveaux d’immigration 2025-2027 devrait entraîner une baisse marginale de la population de 0,2 % autant en 2025 qu’en 2026, avant de revenir à une croissance démographique de 0,8 % en 2027. Ces prévisions tiennent compte de l’annonce faite aujourd’hui de la réduction des cibles pour plusieurs volets d’immigration au cours des deux prochaines années, ainsi que des départs de résidents temporaires prévus en raison de la cible de 5 %, de la perte naturelle de population et d’autres facteurs. »

CONCLUSION

Le recoupement de toutes ces informations montre que le Canada est en train d’engager une politique visant une augmentation exponentielle du taux de l’immigration avec une cible de 500000 migrants par an. On peut dire donc que Oui, le Canada va, sans doute, accueillir un demi-million d’immigrants chaque année d’ici  2025